26 juillet 2006
Je m'attache à toi pour que tu me trahisses
Les gens auxquels je m'attache en général me trahissent. C'est un fait.
Est ce que c'est la façon dont je m'attache à eux, dont je manifeste mon attachement qui les pousse (sans leur laisser de choix) à me trahir ?
Ou
Est-ce que je m'attache à eux parce que c'est cette capacité à trahir que je pressens chez eux et qui m'attire ?
Ou
Est-ce que je considère à tord comme une trahison des attitudes qui n'ont rien que de très ordinaire ?
Il faudrait des tonnes de superglue pour tout recoller à l'intérieur.
L'espace qui me sépare de ce que tu penses que je devrais pouvoir faire me déchire.
Vrac
Oui, je ne sais pas de quoi on parlait, quand tout a basculé. A ce moment là j'ai oublié de faire du style. J'ai tapé dans le tas, dans le tas de gras. "Je ne voudrais pas que vous soyez la femme à abattre". Mais c'était trop tard, je l'étais déjà.
Le pouvoir. Avoir le droit de vie et de mort sur tous autruis, et se payer le luxe de ne pas l'utiliser, comme signe de supériorité flagorneuse.
Ca dépend des autres. Je ne les fuis plus, mais le simple fait qu'ils soient en dehors de moi me les fait paraître inaccessibles. Avant je m'aventurais hors de moi, devant eux. Ce n'est plus le cas.
Dans le livre tous ces gens qui veulent le sexe (le comportement sexuel) de ce pauvre bonhomme.
Il faut toujours discuter : convaincre ou céder, c'est fatigant.
Brouillons et autres dérangements
Cette manie de vouloir rassembler tout ce qui a été éparpillé. Fabriquer du net. Transformer les brouillons en éléments aboutis. Finaliser. C'est à quoi qu'il faut que je renonce ? Au travail en équipe ? A mon enfance ? Au travail tout court ? A la vie en société ? Besoin d'évoluer seule. Les autres sont autant de boulets. Je voudrais pouvoir être indépendante. Que mon succès ne depende pas de la "bonne volonté" (qui le plus souvent est mauvaise) des autres. Où aller chercher le plaisir, là, avec ce que j'ai sous la main ? Si seulement je pouvais nager, au moins ça me dégagerait quelques idées.
Une femme dans le tramway
Une femme élégante, et c'est sans doute pour cette raison que ce monsieur bien habillé, qu'elle voit pour la première fois dans ce tramway, lui a adressé la parole.
Et pourtant, et pourtant, elle a le bout de sa chaussure, un de ces escarpins à la pointe effilée, qui est piteusement enfoncé sur le côté. Et c'est par ce bout-là que l'on vérifie à regret qu'elle n'est pas si classieuse que ça.
Moi, reine...
Ce besoin de punir quand ça ne va pas (c'est à dire quand il y a défaut d'exclusivité et donc jalousie), jalousie ou plus sûrement - plus simplement - cette douleur intolérable de ne plus (parce qu'on avait cru l'être) la seule. Et parce qu'en certains moments on est effectivement cette seule, alors tout va bien. Mais dès que ce petit royaume de l'exclusivité vacille, c'est le drame et l'envie de punir survient, qui étouffe, pour se venger de cette douleur. Vient alors la bouderie. Mais rien là qui soulage puisque je suis enfermée dans cet état boudeur, effronté-buté, triste, DOULOUREUX.
Si je n'existe plus pour quelqu'un je n'existe plus. Les mouches, mais de mon vivant.
A quoi cela peut il bien servir de n'exister que pour soi même ?
La femme, disant à son ami à propos des enfants : "Ce sont de petits espions". Et oui, ils écoutent (s'impregnent de) tout l'air de rien.
Diarrhée
Impossible de se concentrer dans un train, surtout quand il a neigé
dehors. Les cris de sauvages. Les vrais sauvages ne sont pas où on
croit. Damer des pistes, infinies vers ces sommets qui ne nous seront
jamais destinés. Ici dans cet appartement qui m'est étranger en tout. Je ne retrouve rien de mon enfance, sauf peut être cette solitude tandis qu'il se passe des choses de l'autre côté
(là où je ne suis pas). Mais il aurait fallu être initié "Entrez dans
la danse". Combien de litres d'eau mon nez est il capable de fournir ?
Combien de tonnes ma cage thoracique est elle capable de supporter.
Quand vais je crever ? Il ne faut pas toujours choisir les choses les plus simples.
Les beaux discours, les apparâts, la bouche cousue, ouverte hagarde,
les yeux bigleux. Démence. Le chat s'est faufilé, je l'ai aperçu à
travers les ouvertures du volet. Je ne suis pas sûre d'arriver à
respirer encore bien longtemps.
J'ai tout oublié j'ai trop parlé, ça t'apprendra à te taire petite morue. De la violence plein les nerfs,
donner des coups en l'air. J'ai l'impression que la masse des choses
qui m'appartiennent a diminué. Je peux vivre avec quoi au minimum ? Si seulement c'était possible : juste les mains dans les poches.
J'ai tout perdu échoué partout. C'était le risque, il a été pris et
essuyé bel et bien. Envie de vomir. Vomir fait pleurer. Mes yeux n'ont
ils pas reculé de quelques centimètres ? Je m'en remet au vent. Au
large des cimetières. Je suis la proie sectionnée.
J'ai couru sans me cacher et on m'a bombardée. J'ai tendance à me
dissoudre dans les gens et après j'ai du mal à récupérer tous mes
morceaux. J'ai faim. Peut être n'est ce que l'écho de la faim que j'ai
eue tout à l'heure. Rire au bord du vide. Je descendrai quand j'aurai
le temps, ça ne compte pas. J'ai réclamé, j'ai eu. Alea jacta est. La
lumière allumée descendue comme il faut. Il faut juste éviter trop
d'ampoules grillées. Regarder par la fenêtre la nuit qui fait son
oeuvre, comme avant. Parce qu'on n'est bon qu'à ça : spectateur. J'ai
transi. L'effroi. Sortir, courir. Quand il n'y aura plus ce rhume.
Mutisme toujours. Parce qu'il n'y a que ça qui peut sauver, rien
d'autre. Il n'y a pas tant de temps que ça qui a passé. Faire un effort
pour bien tenir le stylo dressé afin qu'il s'irrigue correctement.Je
leur demanderai pardon quand ils auront terminé. Entrée solennelle. Se détacher.
Ce n'est pas la première fois. Exécuter. Quelle torture. Mais d'autres
sont plus mal lotis, on lit ça dans les journaux, on ne lit d'ailleurs
plus que ça. Ca et 2 ou 3 pubs. Mes yeux ont oublié qu'ils ne servaient
pas qu'à pleurer mais aussi à voir. Mais qu'y a t il à voir. Ils sont
tous partis, plus aucun témoin. Ca pourraît être aussi bien un
racontard, une de ces histoires à dormir debout qu'on raconte en fin de
soirée, pour détendre l'atmosphère, quand plus personne n'a rien à se
dire car tout le monde sait que l'autre en face n'est qu'un pauvre con.
Tomorrow, will you be dead. C'était une question point d'interrogation.
Terrible iniquité. Destiné à durer et à exploser pour aller s'étaler un
peu dans tous les coins du monde comme si c'était nécessaire. Que vont chercher tous ces morceaux à s'éparpiller ainsi ?
Descendre, comme pour aller explorer un tunnel. Et mourir de froid. Je
ne comprends pas. Pourquoi ça n'explose pas. M'exploser la tête pour
que ce soit du sang, du vrai, qui s'écoule de mon nez. Je suis au milieu du monde, sans réponse.
Mais peut être est ce seulement une défaillance de sens faisant que je
ne peux rien recevoir. Les réminiscences qui viennent déclencher les
larmes à partir de la gorge. Comme c'était triste ces photos. Damnation.
Qu'il est bon d'être loué
Parce que je ne veux que les hourra, je voudrais bien pouvoir me passer des couronnes d'épines et des pierres.
L'éclaboussure parsème le mur en crépi abrupt vierge encore de tout graffiti.
J'ai perdu les pleurs, je suis au bout (pour ne pas dire à bout).
La méchanceté que les gens se croient obligés d'instiller. On a tous fait ça, la petite vengeance mesquine dans l'espoir de compenser une injustice qui nous a fait souffrir, ou simplement frustré.
Le syndrome de "celui qui s'est fait avoir" qui fait qu'on se retourne avec violence et détermination contre celui qui nous a lésé.
Seulement on ne pense pas forcément qu'à l'autre bout, malgré les apparences, il y a des personnes qui ont essayé de bien faire leur travail.
Ils ne serrent pas naturellement les mains.
Je devrais écrire plus souvent. Monsieur Calaferte, j'entends vos phrases, votre écriture. Vous êtes là, dans votre verve, Cendrars, Miller, ce style vomitif de celui qui a trop mangé, trop avalé d'images et qui doit les restituer vite, dans l'urgence (elles pourraient disparaître), pêle mêles.
Je reprends du poil et la bête m'assassine.
Grumeaux dans la tête. Dormir